La peste verte

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Albert «Ahmed» Huber est décédé le 15 mai à Muri bei Bern (BE)

juin 18th, 2008

Mardi 27 mai 2008

 


Mort d’un appui présumé d’Al-Qaida


Le soutien présumé d’Al-Qaida Albert «Ahmed» Huber est décédé le 15 mai à Muri bei Bern (BE). Ancien journaliste, il était le seul Suisse figurant sur une liste de l’ONU répertoriant les personnes soupçonnées d’aide au groupe terroriste et aux talibans.

M. Huber est mort à l’âge de 81 ans, a indiqué à l’ATS un membre de sa famille, confirmant une information révélée par la SonntagsZeitung. Suite aux attentats du 11 septembre 2001 à New York, le Bernois avait été dans le collimateur des enquêteurs durant quelques années.

Musulman, il siégeait dans le conseil d’administration de la société financière luganaise Al Taqwa, accusée d’avoir joué un rôle dans le financement des attaques terroristes du World Trade Center. L’enquête menée contre elle a toutefois été levée en mai 2005.

Voici le portrait d’Ahmed Huber que brossait le quotidien Le Monde en date du 4 mai 2002:

«Il fut un temps où Ahmed s’appelait Albert. Fils d’une famille bourgeoise suisse, Albert Huber étudie le droit et rejoint les rangs du Parti socialiste de son pays dans les années 1950. “On m’a dit : camarade Huber, on a besoin de toi comme rédacteur pour notre journal. Tu travailleras auprès du gouvernement et du Parlement.”

En novembre 1959, Albert Huber héberge trois Algériens du FLN, poursuivis par la police pour avoir acheté des armes. “C’était un ordre du parti. Ces trois hommes brillants m’ont éclairé. De leur bouche, j’ai entendu pour la première fois parler des Frères musulmans.” Dès lors, Albert Huber lit, s’instruit, écoute. En 1962, il se convertit au Centre islamique de Genève, créé par Saïd Ramadan, dont le fils Hani a pris la succession.

Le poste d’observation du journaliste Huber, au sommet du pouvoir suisse, est privilégié. Sa conversion intéresse fortement les autorités égyptiennes. Il est invité à l’ambassade, puis au Caire, haut lieu du panarabisme. “J’ai été reçu par Nasser, un homme formidable. Il m’a dit qu’un seul autre pays avait lutté contre nos trois ennemis que sont la décadence occidentale, le marxisme et le judaïsme sioniste : l’Allemagne.” L’Allemagne nazie. C’est alors qu’Albert devient “Ahmed” et que le socialiste se transforme en un militant de synthèse, mélange d’islamisme, de panarabisme et d’antisionisme. “Vous connaissez ce livre ? Il est passionnant”, sourit Ahmed Huber, en brandissant Le Croissant et la croix gammée, de Roger Faligot et Rémi Kauffer, ouvrage consacré aux “secrets de l’alliance entre l’islam et le nazisme de Hitler à nos jours”.

Ahmed Huber ne cache rien de ses opinions : il les étale comme les cartes d’un jeu gagnant. A 74 ans, il jubile et revendique ses accointances sulfureuses, comme celle avec Johannes von Leers, adjoint de ses anciens compagnons le banquier suisse François Genoud, sympathisant nazi ami de l’Egypte et créateur de la Banque commerciale arabe à Lausanne.

Marié à une Egyptienne, père d’un avocat et d’un informaticien ayant combattu les Soviétiques en Afghanistan pendant quelques mois, Ahmed Huber entretient son carnet d’adresses depuis trente ans, dans le monde arabe, en participant à des conférences sur l’islamisme. C’est au cours d’une de ces conférences, organisée en Iran en 1988, qu’il aurait rencontré Youssef Nada. “Il m’a proposé de devenir conseiller d’Al-Taqwa Management. Il avait besoin d’un Suisse, spécialiste des médias, pouvant faire face en cas de problème.”

C’est également à l’occasion de conférences à l’étranger, il y a six ans,qu’Ahmed Huber fait la connaissance de proches d’Oussama Ben Laden. “Deux ou trois fois, la famille Ben Laden a été le sponsor d’Al-Taqwa. C’est normal : il s’agit de la plus grande compagnie de construction du monde musulman. Mais ils se sont désolidarisés d’Oussama.”

Ahmed Huber ne se fait aucun souci pour la suite de l’enquête conduite par les autorités suisses. “Au parquet fédéral, ce sont des gens bien”, dit-il. Ahmed Huber parie sur une issue favorable, jurant qu’aucun lien ne peut être établi entre Al- Taqwa et des organisations terroristes. Heureux de ses effets, Ahmed Huber disserte sur les bons et les mauvais juifs, la disparition “nécessaire” de l’Etat d’Israël et assure que ses idées comptent des partisans dans toutes les sphères de la société suisse. “Bush et ses conseillers sionistes ont commis une grave erreur en s’attaquant aux financiers arabes, liés aux grandes familles d’Arabie saoudite, de Jordanie, du Maroc ou des émirats du Golfe. Ils désavouent ainsi leurs propres alliés. On dirait vraiment un éléphant dans un magasin de porcelaine.”»

Sources: ATS, Le Temps - mardi 27 mai 2008, Le Monde - samedi 4 mai 2002







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